Introduction
L’embolisation radiologique est souvent proposée comme traitement de première intention pour la varicocèle. Bien que cette technique soit peu invasive, elle n’offre pas un taux de réussite de 100 %. Il arrive que les veines dilatées persistent (échec immédiat) ou réapparaissent après quelques mois (récidive).
Si vous êtes dans cette situation, sachez que ce n’est pas une fatalité. En tant qu’urologue et andrologue à Paris, je reçois régulièrement des patients inquiets après une embolisation inefficace. Il existe une solution chirurgicale très précise pour traiter ces cas complexes : la microchirurgie.
1. Comprendre l’échec : Persistance ou Récidive ?
Il est important de distinguer deux situations :
- La persistance : La varicocèle ne disparaît pas après l’intervention. Les veines restent dilatées dès les premiers jours suivant l’embolisation.
- La récidive : L’intervention semblait réussie, mais la varicocèle réapparaît après plusieurs mois.
Dans les deux cas, le résultat est le même : une gêne persistante, une esthétique inchangée ou, plus grave, une absence d’amélioration du spermogramme dans le cadre d’un projet de fertilité.
2. Pourquoi l’embolisation échoue-t-elle parfois ?
L’embolisation consiste à boucher la veine spermatique de l’intérieur en passant par les vaisseaux (voie endovasculaire). Cependant, l’anatomie veineuse est parfois complexe.
Les principales causes d’échec sont :
- Les collatérales veineuses : Il existe souvent de petites veines parallèles (collatérales) que le radiologue ne peut pas toujours atteindre ou boucher. Avec le temps, ces petites veines se dilatent pour compenser, recréant la varicocèle.
- Difficultés techniques : L’anatomie de certains patients rend l’accès à la veine spermatique difficile pour le radiologue interventionnel.
- Recanalisation : Parfois, le matériel utilisé pour boucher la veine (coils ou colle) ne suffit pas et le flux sanguin finit par se frayer un chemin à travers l’obstruction.
3. La solution de référence : La cure de varicocèle par Microchirurgie
Lorsqu’une embolisation échoue, il est rarement utile de tenter une seconde embolisation. Il faut changer d’approche et opter pour la technique considérée aujourd’hui comme le Gold Standard (la référence mondiale) : la microchirurgie sub-inguinale.
Pourquoi la microchirurgie est-elle plus efficace en cas de récidive ?
Contrairement à l’embolisation qui passe par l’intérieur de la veine, la microchirurgie permet d’aborder le cordon spermatique directement, via une toute petite incision (2 à 3 cm) au niveau du pubis.
À l’aide d’un microscope opératoire grossissant, nous pouvons :
- Identifier toutes les veines dilatées, y compris les petites collatérales responsables de l’échec précédent.
- Ligaturer ces veines précisément pour stopper le reflux sanguin.
- Préserver avec certitude l’artère testiculaire et les canaux lymphatiques (ce qui évite l’atrophie testiculaire ou l’hydrocèle).
4. Que faire maintenant ?
Si vous ressentez toujours une gêne ou si votre spermogramme ne s’améliore pas après une embolisation :
- Ne paniquez pas : La structure du testicule peut souvent récupérer une fois le reflux définitivement stoppé.
- Refaites une échographie Doppler : Idéalement avec un radiologue spécialisé pour cartographier précisément la récidive.
- Consultez un urologue spécialiste : L’expertise en microchirurgie est indispensable pour traiter les cas de récidives (« reprise chirurgicale »).
Conclusion
L’échec d’une embolisation n’est pas une impasse thérapeutique. La chirurgie microscopique offre d’excellents résultats de rattrapage, permettant d’améliorer la fertilité naturelle, les taux de succès en FIV, et de soulager les douleurs.
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